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RÉvolution industrielle
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le parc paysager de Duisbourg Nord
Le long de cette route du patrimoine industriel, l’un des nombreux parcours créés en Europe par l’European Route of Industrial Heritage (ERIH), les visiteurs peuvent louer un vélo orange vif pour se rendre au gazomètre d’Oberhausen, réservoir de 120 m de haut qui servait à la production de fer et d’acier, qui est aujourd’hui la plus haute salle d’expo en Europe. En 1999, Christo et sa femme, Jeanne-Claude, ont joliment empilé 13 000 barils de pétrole colorés dans ce cylindre. Au parc paysager de Duisbourg Nord, où les usines d’August Thyssen fabriquaient de la fonte sur les canaux de l’Emscher, l’architecte paysagiste Peter Latz a aménagé des sentiers verts parmi des kilomètres de hauts fourneaux livrés à la rouille, sans même gazonner les crassiers.
Appelons cela les réminiscences du travail : une esthétique qui, étrangement, charge de mélancolie et de nostalgie toute machinerie désuète envahie par la végétation. Tous les points stratégiques de la route du patrimoine industriel allemand sont investis d’une poignante nostalgie de l’époque où nous faisions quelque chose de nos mains en Occident. Le délabrement et la décrépitude nous émeuvent tellement qu’on en vient à penser que ces anciens silos et fours à coke pourraient faire de superbes lofts.
Les juxtapositions versent facilement dans l’absurde. À Bochum, au musée allemand de l’industrie minière, qu’on peut louer pour un mariage, de jeunes couples sur leur trente-six se font photographier devant un chevalement phallique en acier rouillé. La boutique vend aux amateurs de design le savon rustique et les chemises de nuit en coutil rayé qu’on distribuait jadis aux mineurs.
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