RÉvolution industrielle
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Quand vieilles usines et fonderies abandonnées fabriquent de la nostalgie.
Par Karen von Hahn

Rem Koolhaas a conçu le musée et centre des visiteurs de l’ancienne laverie (Kohlenwäsche) du complexe
Zollverein, à Essen, en Allemagne.
Comme Simone Signoret l’a souligné dans son autobiographie, la nostalgie n’est plus ce qu’elle était. Cela saute aux yeux dans le bassin de la Ruhr, au cœur de ce qui a été le moteur industriel de l’Allemagne, où terrils et puits de mine abandonnés attirent aujourd’hui des touristes désirant explorer ce qui semble être l’endroit le moins indiqué pour passer des vacances de rêve : la route du patrimoine industriel.
Que faire avec les carcasses d’un réseau industriel et d’un mode de vie aujourd’hui révolus ? Simple : on les transforme en objets design. Faisant preuve d’une remarquable prévoyance, les autorités locales de préservation ont consacré 220 millions de dollars à un vaste projet de réinvention faisant appel à des gourous du design tels Norman Foster et Rem Koolhaas. C’est ainsi que dans la Ruhr, conurbation de 4400 km2 (la plus densément peuplée d’Europe), les anciennes fonderies du réseau industriel s’étirant sur 400 km sont devenues, en gros, des musées du travail.
La rouille paraît avoir un certain attrait, ce dont témoigne la vague de nostalgie industrielle qui motive la transformation d’usines et d’entrepôts désaffectés dans les centres urbains en déclin, du sud de Manhattan à la banlieue de Milan. Aujourd’hui, les gestionnaires de fonds spéculatifs mangent dans une ancienne distillerie riveraine de Toronto ou assistent à un vernissage dans une centrale débranchée de l’East End londonien, là où leurs ancêtres pointaient au début d’une longue journée de travail.
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