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Se convertir au golf

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Puis le bulldozer a fait son apparition. Oui, les architectes de terrains de golf d’antan réaménageaient le paysage, eux aussi, mais au pic et à la pelle, à l’aide de décapeuses tirées par des chevaux. Bouteurs aidant, un homme seul pouvait désormais dé­placer d’énormes quantités de terre, ce qui a permis aux concep­teurs d’après-guerre comme Robert Trent Jones Sr. de transformer marécages ou mornes prairies de Floride en vertes pelouses golfiques en quelques mois. Même l’Augusta Natio­nal, si souvent fignolé et bichonné au fil des ans (et doté de verts à température constante et d’obstacles d’eau teints en bleu), semble surchargé et tarabiscoté. Il fallait que ça change.

Depuis l’inauguration louangée du Bandon Dunes Golf Resort, en 1999, Mike Keiser est devenu l’enfant terrible du golf. Le complexe, situé dans une partie peu peuplée de la côte de l’Oregon, tourne le dos aux conventions. Il est à cinq heures de route de toute grande ville. Les voiturettes y sont interdites, ce qui force les golfeurs à marcher et à faire appel à un caddie. Et ses parcours mettent à profit les qualités du terrain, créant une apparence naturelle qui rappelle les links classiques. Les intrusions modernes, genre appa­reils GPS, n’y ont pas cours, ce qui a inspiré à Keiser la devise du club : « Le golf tel qu’il devrait être ». Bien que Keiser ait averti ses amis, lors de l’ouverture, que son projet ris­quait d’être surnommé « la Folie de Mike », le Bandon Dunes est devenu le golf le plus en vue au monde. Golf Digest l’a classé deuxième golf de villégiature aux États-Unis, devant de célèbres sites comme Pebble Beach.

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