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Ah ! Hacienda
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Les proprios, cependant, sont plus mus par la fierté que par la nécessité de couvrir les frais d’un vaste domaine, soutient Mary Gostelow, rédactrice en chef de WOW.travel (et chroniqueuse d’enRoute). « C’est une nouvelle utilisation des lieux, une volonté de partager. » En Équateur, conserver les clés de la maison ancestrale aide à préserver des centaines d’années d’histoire. À la Hostería Hacienda Pinsaquí, j’ai vu la photo d’un ancêtre du proprio (sixième génération), attablé avec Frida Kahlo. Dans le bar de la Hacienda Cusín, qui appartient à des Britanniques qui en ont préservé le cachet rural, il y a un téléphone de 1895. Il paraît que la téléphoniste locale ne relayait pas les appels internationaux et qu’après avoir été brûlée en effigie, un 31 décembre, elle aurait déménagé à New York.
Si les haciendas du Mexique sont des retraites de luxe pour grands voyageurs, les maisons d’Équateur ressemblent plutôt à des musées vivants et donnent un aperçu de la culture qu’on ne trouve pas dans des lieux plus touristiques, comme Otavalo. Quand on ne parcourt pas à dos de cheval la savane et la forêt qui entourent la Hacienda Zuleta, par exemple, on découvre son programme de réinsertion du condor. À San Agustín, on peut traire des vaches ou faire la cueillette des œufs, puis goûter au produit de son travail dans un riche locro (potage) à l’avocat, aux pommes de terre et au fromage. « Aujourd’hui, le voyageur averti est en quête d’expériences, croit Gostelow. Au-delà du gîte et du couvert, il cherche de l’ambiance et de quoi nourrir tous ses sens. »
Et il y a quelque chose d’intime, de nostalgique, au fait de loger dans une maison qui est depuis des décennies dans la famille, même si ce n’est pas la sienne.
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