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Les oasis prÉfÉrÉes d’enRoute
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La Costalegre, Mexique
Par Benjamin Leszcz
Cheveux blonds au vent, Sam file sur le sable devant moi, au galop sur son cheval ovéro, Pinto. Je traîne derrière, cramponné à mon cheval et secoué en tout sens par son canter. Rafael, notre guide, attend au bout de la plage, devant une falaise déchiquetée. L’ayant rattrapé, Sam m’accueille mains sur les hanches et sourire en coin. « Dure cavalcade, amigo ? » demande-t-elle. Rafael sourit, empoigne les rênes usées de nos chevaux et s’éloigne. Nous sommes sur la plage de La Soledad, flanquée de falaises érodées et bordée d’une forêt dense. Seuls.
Ayant soif de la mer après une heure d’équitation sous le soleil mexicain, nous allons retirer nos vêtements trempés de sueur près de nattes de bambou et d’un parasol disposés avec goût en prévision de notre arrivée. Nous courons dans l’océan, les pieds si brûlés par le sable chaud qu’il me semble entendre l’eau grésiller. Les vagues, tellement puissantes près de notre villa, sont ici paresseuses. Nous flottons dans l’eau chaude et perdons la notion du temps et de l’espace.
Il est facile d’oublier ces notions à Las Alamandas, une oasis de 14 suites à environ deux heures au sud de Puerto Vallarta, sur la côte du Pacifique. Œuvrant surtout dans l’ombre, une armée de 100 employés y maîtrise l’art de se matérialiser au moment propice. Rien d’étonnant, donc, qu’à l’instant où nous commençons à avoir l’estomac dans les talons (et les doigts ratatinés) une camionnette blanche s’approche, une nuée de sable doré à sa suite. Souriant, un homme à l’allure juvénile en sort avec notre goûter dans une glacière : mangues et oranges, ceviche, pain et Corona glacées serties de tranches de lime.
Une fois Rafael revenu avec nos chevaux, nous repartons par un chemin différent. Nous longeons un jardin où poussent sauge, basilic et persil, puis un verger où alternent papayers chargés de fruits géants, manguiers et passiflores. (Presque tout ce qu’on mange à Las Alamandas croît de façon biologique sur place ; il y a même un enclos de poulets.) Nous croisons des lapins, des blaireaux et Dieu sait combien d’espèces d’oiseaux parmi la centaine qu’abritent ces lieux. La proprio, Isabel Goldsmith-Patiño, a créé ce paradis écologique de 600 ha à la place du golf qui devait être construit sur son domaine. Sa maison, un palais rose vif érigé sur le sommet d’une montagne de la propriété, rappelle en permanence (malgré ses absences fréquentes) l’existence de la reine de Las Alamandas.
Revenus épuisés à nos chambres, Sam et moi n’avons pas droit au repos : nous sommes en retard pour un massage côte à côte sur la plage. « Debout ! » dis-je à Sam, affalée dans son hamac. Mais au moment de soulever ma copine exténuée, avachie dans son bikini turquoise, les épaules brûlées de soleil et le corps couvert de nouvelles taches de rousseur, j’abandonne et m’écrase à ses côtés. « D’accord, je soupire, tu gagnes. » Le massage peut bien attendre quelques minutes.
5 autres raisons de visiter la Costalegre et Puerto Vallarta
1 À environ 40 min de Puerto Vallarta, la minuscule Casa de Mita (hôtel de huit chambres) est souverainement isolée et on s’y sent comme chez un très riche (et très obligeant) ami.
2 Parmi les sept golfs de la région, El Tigre, le 18e d’El Tigre Club de Golf, à Nuevo Vallarta, est le plus difficile. À 621 verges (568 m), y jouer la normale 5 relève de l’exploit.
3 L’idée d’un havre de paix au Mexique, pays aux milliers d’hôtels recensés en ligne, semble incongrue. Avant votre départ, consultez les concierges de Mexico Boutique Hotels, qui gère des propriétés intimes comme El Careyes, avec un spa, et Verana, à la lisière de la jungle (qui propose une carte des tequilas).
4 Visitez la sierra Madre occidentale, où les Huichols perpétuent un mode de vie séculaire, et rapportez un de leurs éclatants tableaux de fils de laine.
5 Il n’y a pas que des croisières à Puerto Vallarta. Consultez une carte de l’Old Town Art Walk et découvrez un milieu artistique florissant, tous les mercredis.
Vos commentaires : courrier@enroutemag.net
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