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Providenciales, Turks et Caicos
Par Dominique Ritter
Découpée sur l’azur dans ma combinaison de plongée, je m’imagine en héroïne glamoureuse de film d’action. Titubant sous le poids de ma bonbonne d’oxygène, j’interroge mon ami Dave : « J’ai pas l’air d’une des Drôles de dames ?
– C’est vrai, t’as un drôle d’air, pour une dame », répond-il.
Nous sommes amarrés au large de West Caicos, autrefois le repaire d’une tout autre catégorie de voyageurs : les pirates. C’était le fief du capitaine Jean Thomas Dulaien et du sanglant équipage du Sans pitié. Or, si trésor il reste, il n’est plus gardé que par des raies cornues, des requins de récifs et des poissons qui miroitent même par 12 m de profondeur. De nos jours, avec leur récif barrière, le troisième plus important au monde, les îles Turks et Caicos attirent des hordes de plongeurs plutôt que de pirates. Mais à en juger par la terreur qui perce le masque plaqué sur son visage, Dave ne fait pas partie de ces explorateurs sous-marins. On dirait un condamné à la noyade.
De retour sur la terre ferme, à l’un des pavillons du nouveau complexe Amanyara, dans l’île de Providenciales, nous nous prélassons dans la sala, un immense lit de repos installé entre la piscine à débordement et l’océan. Les trois murs vitrés de notre villa s’ouvrent sur une véranda qu’une végétation foisonnante protège des regards, et son toit se fond dans le paysage. Ici, baignée par les 1700 ha du North West Point Marine National Park, la nature se transforme en une salle de séjour en plein air. Notre plus proche voisin est une conque ayant pris une option sur la plage de sable blanc. Les humains sortent encore moins souvent de leur coquille que les mollusques.
Notre villa donne sur une sorte d’aquarium naturel formé par le littoral calcaire découpé et les affleurements de corail au large. Chaque récif héberge sa petite communauté de poissons, aussi pressés qu’un banc de gens d’affaires, et de petites tortues marines qui se cachent parmi les dentelles de corail violet et les éponges de mer.
Plusieurs fois par jour, Dave et moi enfilons masques et palmes pour explorer ce que j’en suis venue à considérer comme notre anse privée. (N’ayant pas un cœur de pierre, ce qui serait dangereux dans une fragile maison de verre, je résiste à la tentation de taquiner Dave sur ses compétences de plongeur. Mettons que, tant qu’il demeure en surface, il semble intrépide.) Après quelques jours de ce régime, nous communiquons à peine. Notre habituel sens de la repartie s’est mué en une sorte de dialecte des îles.
« Bon vent, fais-je remarquer à propos de la brise qui souffle.
– Bon vent », convient Dave après une pause.
Ce n’est pas que nous boudons ; c’est juste que la plupart de nos interactions ont lieu autour d’un jeu de scrabble. De mon côté de la sala, j’annonce ma victoire imminente : « T’es cuit. » Le lézard paressant tout près lève la tête, aussi surpris que Dave, qui gagnait jusqu’à maintenant notre petit tournoi.
Je pose le mot gagnant, « Luxueux », ce qui me vaut une avance de 91 points, et de quoi me vanter tant et aussi longtemps que je me souviendrai de ce lieu paradisiaque.
5 autres raisons de visiter les îles Turks et Caicos
1 Le Parrot Cay, qui propose une Como Shambhala Retreat, occupe une île de 400 ha. C’est ici qu’Eva Longoria et Tony Parker se sont réfugiés pour leur lune de miel. Sachez qu’avec les projets en cours dans les îles avoisinantes ce havre de paix ne restera pas isolé bien longtemps.
2 Le cocktail Gumbo Limbo de l’Amanyara est composé de rhum et de jus d’ananas. Il vous rappelle même d’appliquer de la crème solaire. (Le gommier rouge, ou gumbo-limbo en anglais, est surnommé « l’arbre aux touristes », son écorce rouge pelant facilement.)
3 Le pro de tennis en résidence de l’Amanyara vous en donne pour votre argent sur un court où Roger Federer a déjà tâté de la raquette.
4 L’archipel est aussi rustique que huppé, grâce à de grands pans de territoire protégé et aux établissements sélects qui poussent, dont un Ritz-Carlton et un Mandarin Oriental.
5 On ne lui connaît pas d’autre industrie que touristique, mais on aime faire mousser la Turk’s Head Beer locale.
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