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Figurine Boy D, de Michael Lau ($300) |
Les objets que ces gens fabriquent et achètent sont beaux et pour la plupart abordables. Dans le quartier SoHo de New York, dans un petit avant-poste de sous-culture hip-hop et de design japonais appelé Zaaka, je m’emballe pour une série de figurines à 20 $ de la famille Knockman, des formes vaguement humaines qui se transforment en instruments de musique tout à fait originaux, qui se jouent eux-mêmes et qui sont dessinés par le fabricant de jouets japonais Maywa Denki. (Tiens, je pense que je vais en faire jouer un tout de suite.) Des pièces plus grandes, comme l’irrésistible Cosmouse de Koji Takeuchi (sorte de supersouris astronaute de l’ère soviétique), se détaillent autour de 65 à 75 $. Des pièces tirées à très peu d’exemplaires, comme TravelA, du légendaire artiste de rue Jeffrey « Doze » Green, se vendent 100 $ à leur mise en marché, mais prennent très vite de la valeur.
Pourquoi sommes-nous devenus une culture d’adultes qui veulent des jouets ? Qu’importe la façon dont est née la nouvelle pop culture (dans la célèbre scène d’ouverture du film Les enragés, où des bandits tiennent un discours critique sur la carrière de Madonna ? ou pendant la courte vie de la revue britannique Modern Review, où l’on s’efforçait de commenter des phénomènes de culture pop avec la rigueur habituellement réservée à la critique de haut niveau ?), elle s’est nourrie d’Internet, et surtout du succès monstre d’eBay, cet encan en ligne qui permet aux trentenaires en mal de nostalgie de racheter leur enfance, un morceau à la fois. (Pourvu que la génération Nexus ne se mette pas à vivre dans le passé comme celle du baby-boom…) Lorsqu’il est devenu possible pour le Nord-Américain moyen d’acheter une boîte intacte de céréales Quisp datant des années 1960, une nouvelle culture, à la fois nostalgique et futuriste, était née. Ou, qui sait, peut-être que notre réaction aux sociétés maniaques du travail en Asie et en Amérique du Nord consiste à convoiter ces symboles du jeu qu’on appelait autrefois « jouets ».
Je ne me mets plus martel en tête avec ces questions. Les nouvelles aventures du Silver Surfer sont plutôt bonnes ; les Simpsons sont un plaisir ; les adultes restés enfants sont faciles à éviter. Que dirait Freud de tout ça ? Je n’en sais rien, mais je parie qu’il aimerait avoir la chance de faire jouer un Knockman. [ ]
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