CultivÉs et ( bien ) ÉlevÉs
Les toits verts assurent la gestion des eaux et une meilleure isolation, tout en réduisant la pollution et la température des villes, de Toronto à Tokyo.
Texte: DAVID LASKER
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Sur un lopin de terre, à Malmö, en Suède, s’élève un dynamique quartier résidentiel et commercial. Plusieurs des maisons et immeubles d’habitation y sont dotés de toitures vertes faites de tapis d’orpin, un couvre-sol qui n’atteint que quelques centimètres de haut et qui exige peu d’entretien. Ces toitures vertes sont si répandues en Suède que l’International Green Roof Institute s’y est établi, et elles commencent à prendre racine ailleurs dans le monde.
Mettons les choses au clair : une toiture verte n’est pas un jardin. Sa vocation est d’assurer la gestion des eaux pluviales et une bonne isolation thermique ; en plus de la végétation et d’une membrane anti-racines, elle comporte une couche de drainage avec réservoir intégré et un tissu filtrant. Ces éléments, auxquels s’ajoute un système d’appoint pour l’approvisionnement en eau, font qu’une telle toiture est deux fois plus coûteuse qu’une toiture normale en asphalte ou en béton. La dépense s’amortit avec le temps : l’isolation supplémentaire réduit les besoins en chauffage et en climatisation, et, à l’abri des rayons ultraviolets, le toit aura une durée de vie prolongée.
Parmi leurs autres avantages environnementaux et sociaux, les toitures vertes filtrent les polluants dans l’air et l’eau et permettent aux citadins privés d’espaces verts de jouer dans la terre. Et, surtout, elles réduisent l’ef fet d’îlot thermique, soit l’écart de température entre le milieu urbain bâti et la banlieue. (Le Conseil national de recherches Canada a établi que seulement 6 % de toitures vertes dans une ville suffiraient à réduire la température de l’air ambiant de 1 ou 2 degrés.)
À l’instar des gratte-ciel, les toitures vertes symbolisent le progrès urbain et donnent lieu à une sorte de compétition civique entre les villes qui en sont dotées. Le maire de Chicago, Richard Daley, a ainsi utilisé la toiture verte de l’hôtel de ville comme thème central de sa campagne pour faire de sa cité l’une des plus vertes en Amérique du Nord. « En matière de protection de l’environnement, les gens oublient leur propre communauté », a-t-il déclaré au National Geographic. Chicago possède plus de 90 000 m2 de toitures vertes, soit l’équivalent de 15 terrains de football, et un projet de toiture verte qui réduirait la pollution par le bruit à l’aéroport international O’Hare est à l’étude. Des mesures financières mises en place par la Ville encouragent architectes, entrepreneurs et promoteurs à inclure des toitures vertes dans leurs projets.