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DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS   (p. 2 de 2)

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De 2000 à 2003, édiles municipaux, gens d’affaires, professionnels, agriculteurs, opérateurs de machinerie lourde, étudiants et familles ont mis la main à la pâte et ont assemblé, soudé et peint les planètes. Chacune a été soigneusement positionnée, à bonne distance et dans le bon angle d’inclinaison par rapport au soleil (situé à l’université). Des parkings et des jardins ont été aménagés pour certaines planètes. D’autres se trouvent sur le terrain d’entreprises ou de commerces locaux. Vénus, par exemple, est à l’ombre du motel Budget Traveler, alors que Neptune se dresse tout à côté de la boutique de souvenirs Rusty Rods. Selon McCartney, la facture se chiffrerait à environ 400 000 $, tous les matériaux et la main-d’œuvre ayant été donnés par la population locale. « On m’a beaucoup soutenu, dit McCartney, et je ne suis plus le prof de géologie un peu fêlé. »

« C’est un homme à qui on ne peut pas dire non », affirme Rod McCrum, qui a cédé un bout de terrain pour installer Saturne. Je peux le confirmer. Pendant que McCartney m’emmène voir Jupiter, je n’arrive même pas à placer un mot. « La base a été construite par Job Corps, la perche par le collège technique, la peinture a été faite par… » Ce n’est peut-être pas de l’ordre du Big Bang, mais l’assemblage d’une planète de métal et fibre de verre, qui fait 1,3 m de diamètre et pèse 910 kg, n’est quand même pas une mince affaire. La passion qui anime McCartney est proprement contagieuse.

Bien des touristes de l’espace viennent faire le voyage. Si on en juge par le registre placé dans un contenant de plastique à la base de Saturne, des visiteurs de 31 États et de 4 provinces (et même d’Islamabad, au Pakistan) ont déjà exploré le système solaire de Kevin McCartney. « Je n’étais pas sûr que ça attirerait les touristes, avoue Jim Brown, directeur du développement économique et communautaire de Presque Isle, mais j’avais tort. »

Pourtant, la passion de McCartney ne s’est pas encore communiquée à toute la population locale. Quand je questionne des gens au hasard, on me répond : « C’est bien, je suppose » ou « C’est une bonne idée », mais plusieurs ne savent pas de quoi il s’agit ni où ça se trouve. Quand, à la librairie B. Dalton, j’interroge un type qui bouquine au rayon des bibles, il me fait des yeux de merlan frit et s’éloigne comme si c’était moi la folle.

C’est la fin de mon odyssée dans l’espace, et je retombe les deux pieds sur terre. La vraie, s’entend. [ ]


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SUR LE WEB: Le modèle réduit du système solaire du Maine
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