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TOUT SUR L’HYPERRÉSEAU
Texte: DON TAPSCOTT
À l’adolescence, je réglais ma montre sur le signal horaire du Conseil national de recherches du Canada, diffusé chaque jour par Radio-Canada. Le bip, précédé de 10 secondes de silence, marquait exactement midi. On diffuse encore ce signal, mais je ne m’en sers plus.
Je me fie aujourd’hui à l’horloge extrêmement précise de mon ordinateur. À intervalles, par Internet, elle s’ajuste au temps atomique de l’horloge du U.S. Naval Observatory, à Washington. Par ricochet, les horloges de mes autres appareils, notamment ma boîte vocale numérique, s’ajustent à celle de mon ordinateur. Grâce à Internet, tout est synchronisé à une nanoseconde près. Et ça ne coûte rien.
La plupart des cyber-entreprises d’hier ont éclaté, mais rien n’arrête le progrès des technologies de l’information et des communications. Les transistors se miniaturisent, la puissance des processeurs double et redouble, le coût des puces est en chute libre et la largeur de bande d’Internet augmente. SI VOUS PENSEZ QU’INTERNET N’EST QU’UN CANAL DE TRANSMISSION DE DONNÉES QUI RELIE DES ORDINATEURS DE BUREAU, VOUS AVEZ UNE VISION TRÈS PARTIELLE DES CHOSES. Voici pourquoi.
Les unités informatiques mobiles, l’accès à large bande, les réseaux sans fil et l’informatique présente partout – des bicyclettes aux outillages industriels – convergent en un vaste réseau mondial : l’Hyperréseau.
Si le trafic sur Internet était audible, il ressemblerait au murmure de votre ordinateur domestique. Demain, presque tout, chez vous, sera relié à un grondement sourd, même les ampoules électriques et les robinets d’eau chaude. Quand les maisons, les bureaux, les écoles et les hôpitaux auront tous été réseautés, que vous raconteront ces appareils ? Ils bavarderont de tout : de votre santé, par exemple.
Votre minuscule moniteur cardiaque électronique se branchera sur votre appareil de mesure de la tension ; votre pèse-personne communiquera avec votre assistant numérique ou votre cellulaire ; et tous ces gadgets consulteront votre médecin par Internet.
Le réfrigérateur, le four, le micro-ondes et le grille-pain vous fourniront des données sur vos habitudes alimentaires; ainsi, il devrait être facile de contrôler votre apport quotidien en glucides.
Dans le domaine de la santé, quand Internet a commencé à faire fureur au milieu des années 1990, on n’en avait que pour la télémédecine. On disait alors que les prestateurs de soins de santé des régions rurales pourraient se prévaloir des compétences de leurs collègues urbains : ceux-ci examineraient par exemple des radiographies transmises par le Web.
Nous savons maintenant que l’apport d’Internet aux soins de santé sera beaucoup plus vaste, notamment dans le domaine des recherches cliniques. De la recherche à la mise en marché d’un médicament ou d’un dispositif médical, le processus s’échelonne sur 7 à 10 ans et coûte un demi-milliard de dollars. Maintenant, au lieu de registres sur papier, les compagnies pharmaceutiques fournissent aux patients des agendas électroniques pour le relevé de leurs symptômes. Ces agendas rappellent aux patients de prendre leurs médicaments, extraient des données de différents appareils de mesure, posent des questions adaptées aux symptômes des patients et transmettent celles-ci par Internet. C’est plus rapide, moins coûteux et plus fiable.
L’insuffisance cardiaque congestive est la cause d’hospitalisation la plus fréquente chez les personnes de plus de 65 ans. Près de la moitié des patients sont réadmis à l’hôpital dans les 45 jours suivant leur congé, souvent parce qu’ils ne respectent pas les directives de leur médecin : ils ne s’alimentent pas convenablement ou ne prennent pas leurs médicaments. Ils devraient donc être suivis de plus près, mais leur état ne justifie pas le coût d’une hospitalisation.
Une solution déjà mise en application chez plusieurs patients consiste à leur procurer un pèse-personne, un appareil de mesure de la tension artérielle et un moniteur de fréquence cardiaque dont les données sont transmises à l’hôpital. Toute anomalie entraîne la visite d’un travailleur de la santé. Ainsi, les soins de santé à domicile deviennent une réalité. À mesure qu’augmentera la largeur de bande d’Internet, ces instruments se raffineront, et leurs fonctions diagnostiques et de contrôle par le texte, l’image fixe, la vidéo et l’audio se perfectionneront. Par exemple, des télécapteurs effectueront des tracés de l’état du sommeil.
Toutes ces technologies aideront les individus à mieux comprendre leur état de santé et à remarquer plus rapidement l’apparition de symptômes inquiétants. Au lieu d’un bilan de santé annuel ou d’une consultation médicale en cas de problème, ils maintiendront un dialogue numérique constant avec leurs prestateurs de soins de santé.
Un jour, l’Hyperréseau, et non la pomme, conservera son homme...
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