 |

SÉOUL RÉINVENTÉE
Texte: TIMOTHY TAYLOR
Séoul est an passe de devenir le centre d'attraction de la nouvelle génération. Pas mal pur la capitale d'un pays qualifié autrefois de «Royaume Solitaire».
Je devrais être déjà couché - il est deux heures du matin - mais ici, à Séoul, au marché de Dongdaemun, près de la Grande Porte de l’Est, il y a foule. Des jeunes de 15 à 25 ans sont massés devant des tréteaux érigés sous l’enseigne au néon haute de six étages du centre de mode Migliore pour assister à un concert de rap. «Give it up!» Boom shick.Boom shick. Ils affluent des rues voisines en frôlant au passage les étals de nouilles, de crêpes aux oignons verts et de bulgogi. Mais la clientèle nocturne de Dongdaemun fait d’abord la chasse aux vêtements: on y déniche tous les styles de vêtements du monde.
Dongdaemun compte 30 000 échoppes qu’approvisionnent plus de 50 000 manufacturiers. Un article vous tente?Vous l’y trouverez probablement, tout de suite ou bientôt. Ici, la requête d’un client ou l’idée d’un marchand se solde par une transaction en l’espace d’une semaine. Le moteur de cette chaîne de production accélérée est la jeunesse, de Corée, du Japon et, de plus en plus nombreuse, du monde entier, qui envahit les rues et les passages souterrains, attirée par l’équivalent d'une rave universelle de magasinage.
Ce dynamisme commercial est d’autant plus époustouflant qu’il s’exerce dans la capitale d’un pays connu naguère sous le nom de «Royaume solitaire». Séoul était alors repliée sur elle-même: la cloche du beffroi de Bosingak sonnait 33 coups le matin à l’ouverture des portes de la ville, et 22 coups le soir pour annoncer leur fermeture. Mais la ville a de toute évidence maîtrisé l’art de la réinvention. Tas de décombres à la fin de la guerre de Corée, elle s’est tournée vers le monde moderne dans les années 1970 et la démocratie dans les années 1990;elle a survécu à la plus récente épidémie de grippe asiatique et s’est relevée avec une énergie phénoménale.
«La Corée était au bord de la faillite en 1997 », affirme Michael Breen. Il doit crier pour se faire entendre dans le vacarme de l’orchestre du JR Blues, une boîte à l’américaine d’Itaewon, le quartier des noctambules. Directeu administratif de la firme de consultants Merit/Burson-Marsteller implantée à Séoul, Michael Breen a signé un livre à succès,The Koreans. Il sait tout sur la Corée. «Les chaebols (conglomérats coréens) ont été très ébranlés par la crise; depuis, les nouveaux diplômés ne êvent plus d’y trouver du travail. On assiste donc au premier véritable bouillonnement d ’individualisme.»
«Ce qui se passe ici appelle l ’Amérique du Nord des années 60 », dit John Burton, un ami de Michael Breen, qui a été correspondant du Financial Times à Séoul pendant plus de 10 ans. «Et le este du monde ne fait que commencer à s’en rendre compte.»
En effet, les touristes découvrent en nombre croissant que le Royaume solitaire s’est ésolument ouvert sur le monde. Séoul, depuis toujours une ville sociable – le monde des affaires serait paralysé si chacun n’avait pas sa dose quotidienne de soju (un type d’alcool) – offre maintenant un vaste éventail de boîtes de nuit, de bars et de restaurants internationaux. Itaewon est depuis longtemps le décor de pubs pour expatriés et de saloons pour soldats américains, mais on y trouve maintenant des bistros français, des clubs funky et les premiers bars gay de Séoul. Aux environs des universités de Hongik et de Yonsei, les cafés étudiants sont emplis de Coréens exubants et de professeurs d'Anglais venus d’Australie, de Nouvelle-Zélande, des États-Unis et du Canada. Depuis peu, on a vu naître des clubs techno, jungles fluo où l ’on peut se enseigner sur les raves imminentes.
Au New New Garden Restaurant (oui, c'est son nom), je discute avec Scott Burgeson devan un pla de nouilles. Il parcour l ’Asie depuis 1994. Auteur d’un recueil d’essais sur la culture coréenne contemporaine, Maximum Korea, il semble rès à l’aise dans ce bouillon d’incessantes transformations. «En Occident,une génération s’échelonne sur 20 ans, dit-il. Ici, elle dure trois ans.»
SEOUL
Circuler à Séoul est un réel défi : Le nom des rules n'est pas clairement indiqué et, dand une même rue, les numéros des adresses ne se suivent pas nécessairement dans l'ordre. Les séouliens vous signaleront certains points de repère: L'intersection ou la station de métro la plus proche, par exemple.
OÙ LOGER
Weston Chosun
Excellents services pour les gens d’affaires. Delicatessen à l’occidentale, et même un pub
irlandais, le O’Kim’s Irish Pub & Sports Bar.
87 Sogong-dong, Jung-gu
771-0500
Lotte Hotel
Un vieil hôtel situé au coeur de la ville. Bars, restaurants et un grand magasin.
1 Sogong-dong, Jung-gu
771-1000
Grand Hyatt Hotel
Dans un décor fabuleux, l’hôtel surplombe Itaewon. Excellent brunch du dimanche. Centre sportif fréquenté par de nombreux étrangers.
747-7 Hannam-dong, Yongsan-gu
797-1234
OÙ SE RESTAURER
Go Gung
Entre autres pour son délicieux bibimbap, ce populaire plat coréen : riz, légumes, boeuf haché et oeuf. Au nord-est de la station de métro Myeongdong (ligne n o 4).
Chungmuro St.
776-3211
Le Saint Ex
Sans doute le seul bistro parisien de Séoul. Trois rues à l’ouest de la station de métro Itaewon (ligne n o 6), une rue au nord de la rue principale.
795-2465
Sajo Chamchi Restaurant
Cheonggye. En principe, cuisine japonaise. Essayez le chamchi jeongsik, un choix de plats à base de thon incluant une salade épicée et des sashimis. Dans Myeongdong, du côté nord de la rue Chungmuro, à l’ouest de la voie surélevée Cheonggye.
Sanchon
Resto réputé pour sa cuisine végétarienne. Dans une ruelle derrière la rue principale, Insadongno (il y a un écriteau au croisement).
735-0312
Yetchjip
Célèbre salon de thé d’Insadong, dans la même ruelle que le Sanchon. Ambiance détendue et vaguement excentrique. Thés de plusieurs variétés.
722-5019
QUOI FAIRE
Changdeokgung
Spectaculaire palais de la dynastie des Chosun, au centre de la ville. Traversez une forêt de pins et de ginkgos jusqu’au Jardin secret. Dans le palais voisin de Gyeongbokgung, la reine Min a été assassinée par des soldats japonais, en 1895.
Jogyesa Buddhist Temple
Principal temple bouddhiste de Séoul. Dans la rue voisine de Ujeonggungno, on peut se procurer tuniques et chapelets bouddhistes, t-shirts et bouddhas en peluche. Au sud de la
station de métro Anguk (ligne n o 3).
732-2115.
Myeongdong
Faites du lèche-vitrines dans le quartier des belles boutiques du centre de la ville. Au nord de la station de métro Myeongdong (ligne n o 4).
Insadong
On y achète des anti-quités, des céramiques et des gravures traditionnelles. Le quartier est traversé par la rue Insadongno, dont l’axe nord-ouest prend nais-sance au parc Tapgol, angle Jongno et Samillo.
INFORMATION
Office national du tourisme coréen
1-800-868-7567
www.visitkorea.or.kr
COMMENT S’Y RENDRE
Air Canada offre des vols quotidiens entre Vancouver et Séoul.
|
|