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Scène 4

C’est un des plus beaux bâtiments du quai de la Commune dans le Vieux-Montréal, une vaste maison de pierre grise longtemps malmenée. Grâce à Daniel Langlois, elle vient de reprendre vie. Lourdes portes en bois massif, sombres boiseries couleur aubergine, salons feutrés, cuisine raffinée et cellier bien garni… Bienvenue au Club !

Le 357C est, comme son nom ne l’indique pas, un lieu de rendez-vous discret destiné aux gens d’affaires. Lieu de rencontre entre l’art et l’argent, ce club sert avant tout à ramasser des fonds pour la fondation. Pour rénover et aménager cette maison historique, le designer qui sommeille en Daniel Langlois a tout pris en main. Des fauteuils aux poignées de portes, en passant par les motifs au sol ou les carreaux de céramique. Le club n’est pas une exubérante démonstration de design, mais une interprétation d’un intérieur de 1874 réalisée avec les techniques et les inspirations d’aujourd’hui. Ambiance totalement différente à l’hôtel Gault, également propriété de Langlois, géré par son frère et sa belle-sœur, revampé par les architectes de l’atelier YH2. L’endroit est unique au pays, luxueux par la générosité de son espace, contemporain par son décor épuré. La motivation à l’origine de ces diverses missions architecturales se trouve dans la volonté de Langlois de laisser trace : « Je veux faire des choses qui durent, reconnaît-il. Je peux me tromper, mais il y aura au moins un véhicule ar­chi­tectural qui subsistera. Quand j’ai fait Ex-Centris, les gens ont parfois critiqué le style, trop sobre ou trop sérieux, mais il fallait que je touche une clientèle jeune et moins jeune. J’ai opté pour un style que je considère comme un classique des années 1998-2000. Quelque chose qui ne fait pas peur et qui dans 10 ans sera toujours efficace. » Pour Langlois, architecture ne rime pas avec sculpture. Toute cons­truction doit d’abord répondre à des critères de fonctionnalité.

La fin

Le rêve est flou : un tapis rouge… Des statuettes de Bronze… La soirée des prix Génie… Sur la tribune, Daniel Langlois, ému, remercie son équipe. Tenant d’une main sa liste de remerciements, de l’autre son précieux trophée, notre homme affiche un sourire radieux : il vient d’être sacré réalisateur de l’année…

Tout le monde lui pose la question : est-ce que tu aimerais faire un film ? Quand est-ce que tu vas faire TON film ? Daniel Langlois, qui a déjà commis quelques films d’animation alors qu’il travallait à l’ONF, ne cache pas son désir de création. Quand il parle de The Baroness and the Pig, on sent bien sa frustration. Il a refusé trois versions finales du montage, a suivi de près toutes les étapes de la production, mais avoue que ce n’est pas le scénario qu’il aurait choisi pour en faire son propre film. Plus tard peut-être… quand il aura fini la coproduction d’un deuxième long métrage en numérique, une adaptation de la pièce de Robert Lepage : La face cachée de la lune… quand il aura achevé la construction d’une station de villégiature haut de gamme 100 % écologique dans La Dominique, une île des Caraïbes dont il est tombé amoureux… quand il aura inauguré ses nouvelles salles du centre-ville, qu’il ajoutera à Ex-Centris et au Cinéma du Parc… quand il aura ouvert, c’est un vieux rêve, une version new-yorkaise d’Ex-Centris – il possède déjà plusieurs propriétés dans la Grosse Pomme… alors là, peut-être, verrons-nous un « vrai » film signé Daniel Langlois. D’ici là, rien n’empêchera le personnage de continuer d’assembler patiemment les pièces de son grand plan d’ensemble. Mû par un élan créateur très fort, s’ins­crivant dans « une constante découverte du monde ». Toujours le pied bien au plancher.

 


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