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UN TIGRRRE DANS LE MOTEUR   (p. 2 de 3)

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Selon eux, tout cela n’est qu’une caricature du tuning, qui est plutôt, dixit Tamer, « presque une forme d’art ». Hum ! c’est ce qu’on disait des camionnettes peintes au pistolet quand j’allais au secondaire, et je ne suis pas tout à fait un modèle de l’année… La culture de la bagnole existe depuis longtemps. Il y a des cycles ; la mode actuelle remonte au moins aux années 1950. La nouvelle musique de cette époque, le rock’n’roll, a toujours célébré l’automobile. Même chose au cinéma, des films de hot rods à ceux de la Nouvelle Vague. Les voitures, de série ou modifiées, ont toujours été à la fois des moyens de transport et des sculptures de métal. La différence, aujourd’hui, c’est le marketing. Les jeunes citadins obsédés par leurs voitures forment tout simplement un groupe démographique trop riche pour rester inexploité. À preuve, même Canadian Tire a maintenant un rayon tuning !

Il y a bien eu quelques changements depuis les années 1950 ; par exemple, la plupart de nos voitures sont plus petites. « La modification des petites importées remonte probablement au début des années 1980, rappelle Yap. C’est arrivé au Canada depuis la Californie, il y a une dizaine d’années ; au début, c’était un phénomène surtout concentré dans les banlieues où la population était majoritairement d’origine asiatique. Maintenant, c’est à peu près partout. Chez les amateurs de tuning, il n’y a pas de frontières de race, d’âge ou de statut socioéconomique. »

Comme je veux voir de ces préparateurs en action, je me pointe à Spanish Banks, à Vancouver, par un dimanche de printemps sans nuage… dans le ciel. Mais des nuages de fumée de caoutchouc qui brûle flottent dans le parking plein de Mustang, de Camaro et de Supra. Steve et Tamer sont là, parmi des centaines de fondus.

Comme les voitures, le tuning est devenu high-tech : on branche des ordinateurs aux moteurs pour en mesurer la performance ; des babillards électroniques annoncent les activités où se rassemblent les amateurs. Plusieurs ont des appareils photo ou des caméscopes numériques pour immortaliser les bricolages auxquels ils se sont affairés durant l’hiver.

Je suis à me balader entre les voitures, notant mes impressions dans mon carnet de notes, quand quelqu’un me lance : « Hé ! pas mon numéro de plaque ! » Plus loin, j’aborde le proprio d’une superbe Camaro rouge de la fin des années 1960 et je lui demande son nom. Il fixe mon carnet et me répond : « Je m’appelle John. »

« Salut, Lou », lui lance un ami au même moment. Ces gars-là se méfient continuellement des policiers.

Dwayne, lui, a une Supra modifiée. Le hayon est ouvert. Les réservoirs d’azote et la carrosserie en fibre de carbone brillent au soleil. Une chose est exacte dans Rapides et dangereux : l’arme secrète, c’est le carburant à l’azote. Au simple toucher d’un bouton, le conducteur alimente son moteur à partir du réservoir qu’il a ajouté à sa voiture, et il se retrouve au volant d’une fusée. Dwayne s’agenouille et m’indique comment le gaz est amené jusqu’au moteur. Je fais un signe de tête pour montrer que je comprends, même si je suis incapable de changer un pneu et que je suis venu ici au volant d’une quatre cylindres.

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