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LE COOL EST MORT, VIVE LE COOL!   (p. 3 de 3)

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Ceux qui apprécient l’attitude libérée de l’émission seront peut-être déçus d’apprendre qu’on diagnostiquera un cancer du sein à Samantha. Même si l’on admet que les personnages ont vieilli et qu’un vent de mélancolie souffle sur eux, on a l’impression, avec ce rebondissement, que Samantha subit les foudres du ciel, comme dans les vieux classiques où la femme qui ose ressentir du désir finit toujours par être punie, telle Lana Turner dans Le facteur sonne toujours deux fois ou Elizabeth Taylor dans Butterfield 8.

Kim Cattrall précise que Sexe à New York est capable d’aborder la question de manière forte, réaliste et même drôle par moments, et on veut bien la croire. Elle dit avoir toujours joué Samantha sur une corde raide, sans être sûre de se rendre à la fin de la scène. « Ce n’est jamais facile, dit-elle, parce qu’elle repousse les limites toujours plus loin. »

Mais ce n’est plus une simple question d’audace. « L’autre jour, on tournait une scène dans laquelle un médecin me tâte les seins et découvre une masse. J’ai déjà vécu ça », souffle-t-elle à voix basse. Il y a huit ans, un médecin qui l’examinait a cru découvrir quelque chose. Affolée, la patiente a refusé la biopsie et exigé un deuxième (et même un troisième) avis médical. Ces examens se sont révélés négatifs. La comédienne comprend donc toute la portée des scènes qu’elle aura à jouer. « C’est une plus lourde responsabilité que de vivre sa sexualité de manière libre et enjouée. »

Au moment de l’entrevue, Kim Cattrall elle-même ne savait pas quel sort ultime serait réservé à Samantha. Quoi qu’il arrive, celle-ci est inscrite pour toujours dans notre imaginaire collectif. Et, même si elle trouve parfois agaçant qu’on la confonde avec son personnage, la comédienne est aujourd’hui prête à tirer parti de cette notoriété.

Sa toute nouvelle maison de production, Fertile Ground Productions de Toronto, envisage deux projets : une adaptation de la pièce The Country Girl, écrite en 1950 par Clifford Odets, dont une première version cinématographique mettait en vedette Grace Kelly ; et un documentaire que Cattrall va produire et animer pour HBO et CTV, qui s’intitulera Sexual Intelligence. « Il jette un regard très irrévérencieux sur le passé et l’avenir : où sommes-nous et où allons-nous ? »

Où s’en va Kim Cattrall ? Qui sait ? Il y a 10 ans, elle-même n’avait aucune idée de ce qui l’attendait. « Je vis la période la plus fabuleuse de ma vie, dit-elle. Je ne m’y attendais pas du tout. Je croyais que, vers la fin de la quarantaine, je vivrais mon métier d’actrice à la petite semaine. Jamais je n’aurais pensé faire de la production ou écrire un livre. » Elle apprend que, dans la vie, il faut savoir jouer les cartes qui nous sont distribuées.

Demain, quand la pluie aura cessé, Kim Cattrall quittera sa retraite des Hamptons et regagnera la ville qui, pour un temps, lui a donné le monde. [ ]


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