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BOLLYWOOD ARRIVE !
Texte: GUY SADDY
Le cinéma de Bollywood est l’exportation indienne la plus populaire depuis le cari.
Bombay est la nouvelle machine à faire rêver, et son star-système attire des talents indo-canadiens, comme lisa ray.
Les acteurs, deux des plus grandes vedettes du monde, se reposent entre deux prises sur le plateau de tournage de Toi et moi, on ne le saura jamais. Teint basané, musculature impressionnante.
Le moins grand s’allume une cigarette; il tourne le dos à la horde d’admiratrices venues quêter un autographe ou un simple regard.
L’autre yeux verts brillants, coiffure impeccable, lèvres pulpeuses s’avance vers ses fans.
Une infirmité évidente (l’une de ses mains a deux pouces) semble ajouter à son charme… en le rendant plus humain. Une centaine de jeunes filles manquent de défaillir.
«C’est lui, c’est lui!» chuchote Preet Sandhu; sa sœur, Poonam, acquiesce sans dire un mot, en pâmoison. Elle ne se doute pas qu’un jour leurs chemins vont se croiser.
Nous sommes en 2000. La foule, principalement composée de gens originaires du sous-continent indien, est massée devant le Richmond Centre, dans la banlieue de Vancouver, dans l’espoir de jeter ne serait-ce qu’un bref coup d’œil sur Hrithik Roshan et Saif Ali Khan, les Tom Cruise et Brad Pitt indiens, les deux vedettes masculines de Na Tum Jaano Na Hum, premier long métrage en hindi du réalisateur Arjun Sablok.
Aujourd’hui encore, Sablok, qui a quitté la Colombie-Britannique il y a 10 ans pour aller réaliser ses rêves à l’autre bout du monde, est peu connu; mais les acteurs de son film sont de grands noms de Bollywood, capitale de l’industrie cinématographique indienne. Très populaire en Inde, en Asie et au Moyen-Orient, Bollywood n’était populaire, en Occident, qu’auprès de la diaspora indienne (15 millions de personnes dans le monde).
Mais les choses changent, et Bollywood est en passe de conquérir la planète. La comédie musicale Bombay Dreams, d’Andrew Lloyd Webber et du compositeur indien A. R. Rahman, joue à guichets fermés tous les soirs à Londres. En mai dernier, en Grande-Bretagne, Vanity Fair a publié un numéro spécial sur Bollywood. Cette année, pour la première fois depuis 1958, une production de Bollywood, Lagaan, a été mise en candidature pour l’oscar du meilleur film étranger. Bollywood va même jusqu’à infiltrer Hollywood: le film Ghost World présente de belles séquences de danse tirées du film Gumnaam, un grand succès bollywoodien de 1965, et plusieurs scènes de Moulin Rouge ! ont été tournées dans le plus pur style Bollywood.
Pour certains, les films fantaisistes de Bollywood sont un baume idéal sur les maux de notre époque troublée. Pour d’autres, c’est la vague de culture indienne qui envahira bientôt le monde, après le mendhi, le yoga, la musique bhangra et le cari. C’est une mode, certes, mais pas seulement. «La culture indienne est une inspiration pour nous, dit Karen von Hahn, chroniqueuse du Globe and Mail et animatrice de l’émission The Goods, à Life Network. On espère qu’une meilleure connaissance des cultures orientales anciennes va stimuler quelque chose d’essentiel et d’authentique au plus profond de notre mentalité d’Occidentaux blasés.»
S’il n’y a rien de plus artificiel que Bollywood, ses films profitent à plein de la tendance actuelle, et les Canadiens d’origine indienne qu’on appelle NRI (Indiens non résidents) y participent plus que jamais. Le cinéaste torontois Deepa Mehta a récemment produit un film délirant dans le pur style Bolly, Bollywood/Hollywood, qui met en vedette Lisa Ray, top-modèle en Inde mais originaire de Toronto, et dont le minois s’affiche sur des milliers de sites Web. Des revues comme AAJ Magazine et des émissions comme Viva, à Citytv, s’adressent aux NRI, tandis que des sites Web ultra-léchés comme www.mybindi.com, de Toronto, traitent régulièrement des productions de Bollywood. Et quand les vedettes de Bollywood sont de passage au pays la dernière tournée des Heartthrobs, par exemple des milliers de fans se massent dans les stades de Vancouver, de Calgary et de Toronto.
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