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FERIEZ-VOUS CONFIANCE À CE TOM ?  (p. 3 de 3)
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Green raconte quil a toujours mené sa carrière de manière stratégique (« une partie déchecs »), que ses gags nétaient que le moyen de se faire remarquer afin de réaliser la seule véritable ambition de sa vie : animer un talk-show de fin de soirée. Tout ça est bien beau, et jécraserais bien une petite larme, mais, quand je lui rappelle quil a déjà honoré un orignal à la télé et quil ne faudrait pas tartiner trop épais, il bat en retraite.
« Je viens de vivre des années assez bizarres, confie-t-il finalement, et cest un peu pourquoi lémission est ce quelle est. » Par galanterie, ou parce que ses avocats lont bien dressé, il ne donne aucun détail sur son mariage de six mois avec Drew Barrymore, mais il est évident que lexpérience la marqué. (Plus tard, Burt Dubrow arrête en passant et annonce quil sen va acheter un smoking. « Prends donc celui dans lequel je me suis marié, propose Green. Ça serait drôle ! » Puis, la tête renversée en arrière, il adresse au plafond de la cuisine un demi-cri du cur : « Penses-tu que ça le banaliserait ? »)
« À Hollywood, je me suis fait happer par un drôle dunivers, poursuit-il. Ma femme nétait pas Betty Crocker, loin sen faut. Les médias ne mont pas laissé beaucoup de répit. Jai eu limpression dêtre un paumé et ça na pas toujours été drôle.
« Il faut dire aussi que de voir la mort en face, ça vous rabaisse le caquet. Je suis un peu moins flamboyant quavant, plus disposé à écouter ce que les autres ont à dire. Je suis resté un paquet de nerfs, mais je sens moins le besoin de toujours lâcher mon fou. Aujourdhui, je peux converser avec quelquun de plus vieux que moi, un adulte, parce que moi aussi, jai du vécu. Il y a trois ans, je naurais jamais pu masseoir pour parler avec Ed McMahon ou Jerry Springer. » (Springer, un adulte ? Aux yeux de Tom Green seulement
)
Mais voilà, le côté adulte de Tom Green na pas plu à ses fans. Ce nest pas la première fois que celui-ci se trompe dans lévaluation de son public. Avec Va te faire foutre Freddy, le long métrage quil a réalisé et coscénarisé en 2001 et dans lequel il tenait la vedette, il semblait livrer exactement le produit quattendait son public : une version plus crue, plus grossière et plus débridée encore de ses mauvais gags habituels. Mais la critique a démoli le film, même sil est en passe de devenir lobjet dun culte, et les recettes au box-office ont été plutôt minces. Encore aujourdhui, la seule mention de ce titre met le comédien sur la défensive, comme sil sattendait à recevoir un coup de poing. Va te faire foutre Freddy nest pas un point sensible, cest une plaie béante.
Avec le New Tom Green Show, lhumoriste effectuait un virage à 180°, atténuant ce quil accentuait auparavant. (Il se lançait encore partout, mais moins souvent.) Tom Green serait-il tombé à pieds joints dans le plus vieux piège du métier : serait-il prisonnier du personnage qui la conduit au succès ?
Mais lhomme nest pas du genre à se laisser abattre. Après avoir vécu assez de péripéties (la gloire, les gags, le cancer, un mariage éclair) pour remplir plusieurs volumes, il compte publier une autobiographie. Et, maintenant quil est allé divertir les troupes au Kosovo et dans le golfe Persique, dans le cadre de tournées de lUSO, une autre réinvention soffre à lui : à défaut dêtre le nouveau Johnny Carson, Tom Green pourrait devenir le nouveau Bob Hope. [ ]
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