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FERIEZ-VOUS CONFIANCE À CE TOM ?  (p. 2 de 3)
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Cela semble impossible, mais cest indéniable : Tom Green a laissé une marque indélébile sur la culture populaire daujourdhui. Il y a 10 ans, son humour scato faisait de lui une voix criant dans le désert (lieu idéal où manger des vers de terre et lécher des carcasses danimal mort). Mais quest-ce que la téléréalité, sinon des quidams en train dimiter Tom Green dans lespoir de gagner assez de blé pour se payer une grosse piscine ? Et il y a Jackass, populaire émission du réseau MTV devenue série de longs métrages, fléau de tous les parents soucieux de la sécurité de leurs enfants. Prémisse : des planchistes casse-cou font des tours pendables et des cascades de fou. Ça vous rappelle quelque chose ? (Jackass a même fait main basse sur lancienne équipe technique de Green, restée en plan quand il a reçu la nouvelle de son cancer. Il existe déjà un sous-produit : Punkd.) Lhumoriste reconnaît sa paternité, même sil se défend de navoir fait que des grossièretés, comme le voudrait sa réputation. (« On faisait sept ou huit sketchs par épisode, mais un seul qui impliquait, disons, de la merde sur un micro. »)
« Les gars dans Jackass sont cool et souvent très drôles, admet-il, mais il y a des jours où je regarde lémission et que je me dis, par exemple quand ils vont réveiller leurs parents ou quils introduisent des animaux dans la maison : "Mais jai déjà fait ça !" Ça arrive souvent, et ça laisse une drôle dimpression. Je ne crie pas au plagiat, mais il y a une influence, cest visible. »
« Lhumour scato existe depuis toujours, mais, il y a huit ans, il ny avait pas de Fear Factor ou de Survivor, pas de vaches sanguinolentes ni de types en train davaler des vers de terre au petit écran, toutes ces choses que moi, je faisais. »
Doù leffet de surprise causé par le ton du New Tom Green Show, feutré, très années 1950. Pendant que la culture populaire se mettait à lheure de Green, celui-ci passait à lheure rétro.
Le New Tom Green Show avait une couleur beaucoup trop marquée pour nêtre quune tentative parmi dautres de rivaliser avec David Letterman. Avec le chevronné Burt Dubrow à la réalisation (ami denfance dun autre humoriste inclassable, le regretté Andy Kaufman), Green cherchait délibérément à rendre hommage à lâge dor des talk-shows de fin de soirée. Le décor était une réplique exacte (jusquaux crayons à double gomme) de celui de Johnny Carson à New York, avant que le Tonight Show sinstalle à Burbank. Green faisait son monologue perché sur un tabouret (clin dil à Jack Paar) et lisait des spots publicitaires en direct (comme Steve Allen). Ce nétait pas le talk-show de papa, mais celui des pères spirituels de Green.
Pour se préparer, Green a passé six mois, à raison de quatre jours par semaine, à étudier de vieux enregistrements des émissions de Jack Paar, de Johnny Carson, de Steve Allen et dErnie Kovacs pour y déceler les moindres nuances de leur art : leur façon de parler, de bouger, de marcher. Green dit que sa démarche était professionnelle (« On me donne cette chance ; je ne voulais pas la louper »), mais admet quelle a pris une tournure philosophique. Peu à peu, son changement de carrière lui a paru logique : après avoir passé sa vie à chercher le moyen de passer à la télé, il se tournait maintenant vers la télé pour donner un sens à sa vie.
« Ça été thérapeutique, dit-il, sans la moindre trace dironie. Lire à quel point Jack Paar en a bavé en début de carrière ma aidé à ne pas faire mes valises tout de suite pour rentrer à Ottawa. Mais jy ai pensé. »
Vraiment ? Et abandonner la piscine ?
« Oh ! oui, avoue-t-il, pensif. Il y a des limites à lire dans les journaux que tu es le type le moins drôle sur la planète. Ou que tu es mauvais comédien. Et ça, cest quand on ne tombe pas à bras raccourcis sur ta vie privée
Surtout que moi, je navais eu jusqualors que les bonnes critiques du ptit gars qui fait rire tout le monde sur le câble. »
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