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UNE FEMME DE SUBSTANCES   (p. 2 de 3)

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Christiane Ayotte avoue d’ailleurs que « tous les dossiers des athlètes "positifs" que vous voyez derrière vous m’ont fait un mal profond, car ce ne sont pas les vrais responsables qui ont été nécessairement punis. Pourquoi est-ce toujours nos laboratoires qui trouvent des cas "positifs" ? Les labos russes, chinois, coréens… comment se fait-il qu’ils ne trouvent jamais rien ? »

La chercheuse allait lentement découvrir que des classes sociales existent dans le monde du sport et que le dopage reflète cet état de fait. Cela lui est apparu clairement à la veille des Jeux olympiques de Séoul, quand elle s’est retrouvée seule avec des haltérophiles québécois et que ceux-ci lui ont lancé ce cri du cœur : « Pourquoi est-ce toujours nous que vous attrapez ? Ben Johnson, lui, vous le laissez courir ! »

« Je me suis dit que, si Johnson se dopait, on finirait bien par le prendre. Mais ce que j’ai rapidement appris à déceler, c’est l’hypocrisie. Celle des fédérations, qui préparaient leurs athlètes, lors de camps d’entraînement, à passer au travers des tests. On les dopait et on leur faisait croire que les agents masquants allaient fonctionner lors des contrôles antidopage. Les pauvres ne se doutaient pas que les agents censés masquer la dope ne fonctionnaient pas et qu’ils allaient tomber. »

À Séoul, 62 heures après avoir pulvérisé le record du monde du 100 m, Ben Johnson était rattrapé par un adversaire implacable : son test d’urine. Christiane Ayotte se souvient parfaitement de cet événement, qui a marqué un virage dans la course contre le dopage : « C’était une véritable claque à la duperie, à tous ceux qui se croyaient invulnérables ! »

Une lutte de tous les instants commençait. Celle que certains sportifs ont déjà surnommée « la Lucky Luke de l’éprouvette » s’est trouvée projetée sur toutes les tribunes, dans toutes les arènes. « J’étais terrorisée par la responsabilité, mais en même temps c’était un terrain propice à ma personnalité de justicière, de rebelle. »

Christiane Ayotte confie une lassitude passagère, avoue se sentir parfois écartelée, entre Don Quichotte et Jeanne d’Arc, entre maîtresse d’école et petit curé. « C’est rare qu’une "prise" m’apporte beaucoup de plaisir, car c’est toujours trop de travail, trop d’énergie, trop de blessures. Ce qui me passionne avant tout, ce n’est pas d’attraper l’athlète fautif, c’est de voir ce que "la structure" va en faire, comment les fédérations vont réagir. Comprenez bien ceci : je ne suis pas l’ennemie de l’athlète, je suis sa partenaire. »

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BRIGADE DES STUPS
En dopage, la mode est au mélange de substances explosives.



Hormones de croissance et stéroïdes anabolisants
(IGF-1, nandrolone)


Sports :
Athlétisme, boxe, cyclisme, haltérophilie.
Effets :
Augmentation importante de la masse musculaire et de la résistance à la douleur.
Dangers :
Cancers, hypertension, diabète, infarctus.



Bêtabloquants et stimulants
(propranolol, cocaïne)


Sports :
Tir, natation, tennis, hockey, bobsleigh, sport automobile, ski, golf.
Effets :
Amélioration de la stabilité émotionnelle, de la concentration. Suppression du trac et ajustement des réflexes.
Dangers :
Insuffisance respiratoire, hypoglycémie, agressivité.



Corticostéroïdes et autres stimulants
(clenbutérol, éphédrine)


Sports :
Aviron, sprint, gymnastique, lancer du poids, du disque, du marteau, du javelot.
Effets :
Amélioration de la fonction respiratoire, croissance musculaire, atténuation de la sensation de fatigue.
Dangers :
Tachycardie, infections virales, ralentissement de la fonction cardiaque.



Dopage sanguin
(autotransfusions et érythropoïétine)


Sports :
Cyclisme, ski de fond, football.
Effets :
Accroissement de la capacité respiratoire, augmentation de l’endurance et du travail musculaire.
Dangers :
Thromboses, œdèmes aigus des poumons, défaillance cardiaque.

 


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